Portail « Science et société »


Ce site est un lieu de ressources, d’échanges et de réflexions entre chercheurs et acteurs de terrain autour du thème des relations entre sciences et société.

Les sciences et les techniques, très présentes dans les sociétés contemporaines, suscitent de nombreuses questions. Des OGM aux statistiques du chômage, des enjeux de la physique nucléaire à ceux de l’histoire contemporaine, de l’informatique à la critique des médias, il y a peu de moments de notre vie quotidienne, ou de nos interrogations fondamentales, qui ne soient concernés par une technique ou par un savoir produit par une institution scientifique. Sans compter que l’on produit aussi des savoirs sur ces savoirs ! Les études de sciences constituent en effet aujourd’hui un important réservoir de connaissances, d’interrogations et de critiques à propos des sciences et des techniques. Elles se développent à la croisée de plusieurs disciplines scientifiques telles que la sociologie, la didactique, la linguistique, la philosophie, les études littéraires, les sciences de la communication, etc.

Le portail « Science et Société » présente les éléments pour une histoire des recherches du domaine Sciences, technologie et société (S.T.S), et des questions qui se sont dégagées autour des enjeux de communication à propos de sciences : vulgarisation, médias et musées, communication scientifique publique, publics, enseignement des sciences, réseaux et NTIC, édition, éthique, engagement des acteurs dans le débat public, etc.

Bonne lecture !

Documents disponibles :

Sur ce site vous trouverez 295 articles de blog : références bibliographiques, articles, revues de sommaires, études, thèses, rapports, etc. Certains articles pointant sur une série de documents, le nombre des documents disponibles en texte intégral est plus élevé. Ces documents sont l'œuvre de 193 auteurs ou co-auteurs.

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En projet ou en cours

Entretien avec Pierre Clément, éditeur de Labo Contestation.

Mise en ligne de la revue Pandore. La revue a déjà été numérisée par nos soins, et nous avons l'accord de Bruno Latour pour la mise en ligne sur notre portail : on l'en remercie bien fort !

Pour présenter les enjeux des relations entre sciences et société, nous avons réalisé ce film de 18 minutes avec le CNRS :


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En savoir plus sur ce film et la distribution du DVD sur le site du CNRS

La revue Culture technique, créée en même temps que le Centre de Recherche sur la culture technique, n’est pas une publication traditionnelle fonctionnant à partir d’un comité de rédaction recrutant des auteurs. Chaque numéro est le résultat d’un séminaire de réflexion sur un sujet soigneusement choisi en fonction de son actualité et de sa capacité à mettre en évidence le concept de culture technique.

Le CRCT rassemble une trentaine de spécialistes et de praticiens, français ou étrangers, susceptibles de mettre en commun leurs connaissances et leurs pratiques sur un thème déterminé (mécanisation du foyer domestique; le risque, la sécurité et la technologie; le design industriel; les télécommunications; etc…). À l’issue d’un séminaire, qui se déroule sur deux semestres, les articles discutés par l’ensemble des participants au séminaire font l’objet du numéro spécial ainsi préparé. L’intérêt de ces réunions décloisonnées est de permettre à des personnes concernées venant d’horizons culturels très divers de se rencontrer.

Tirée à 3000 exemplaires, Culture technique s’adresse à un vaste public de chercheurs et de décideurs venant de l’université, de l’entreprise, du monde du travail, des consommateurs et des collectivités locales.
Jocelyn de Noblet

Accéder au site de la revue (tous les articles ont été numérisés et mis en ligne : accès libre et gratuit).


Enregistrement audio et transcription d’une intervention de Baudouin Jurdant, donnée dans le cadre du cycle de conférences intitulé « La vulgarisation scientifique : une mode ? une nécessité ? une illusion ? »

Contexte de l’intervention

« Communication scientifique et réflexivité »

le 23 mars 2009

par Baudouin Jurdant



Résumé de l’intervention

Le fonctionnement communicationnel des communautés scientifiques présente un paradoxe intéressant : autant les scientifiques se révèlent excellents communicateurs entre eux à l’intérieur d’un même paradigme, autant leurs tentatives de communiquer leurs résultats à des non-spécialistes rencontrent des problèmes si difficiles à résoudre que, bien souvent, ils se découragent et montrent alors une tendance à se replier sur eux-mêmes, nourrissant par là le mythe de la tour d’ivoire.

On examinera tout d’abord ce qui fonde l’aisance communicationnelle dont les scientifiques témoignent entre eux. Ensuite, j’aborderai les difficultés qu’ils rencontrent dès qu’ils ont affaire à des non-spécialistes en prenant appui sur l’analyse de la vulgarisation scientifique. En troisième lieu, je tenterai de soutenir l’idée que cette vulgarisation constitue depuis sa naissance historique au XVIIe siècle un dispositif propre à assurer au discours scientifique une certaine réflexivité. Je terminerai en montrant en quoi les changements qui ont affecté le statut socio-politique et culturel des sciences aujourd’hui nécessitent plus que jamais une circulation beaucoup plus ouverte et libre des savoirs scientifiques en suggérant quelques moyens pour l’assurer.

Baudouin Jurdant est spécialiste des questions de vulgarisation scientifique, professeur en Sciences de l’information et de la communication, à l’université Paris Diderot (en 2009).

Introduction (Mélodie Faury) :

Bonsoir, nous allons poursuivre ce soir le cycle de conférence « La vulgarisation : une mode ? une nécessité ? une illusion ? ». Il s’agit de la 4ème séance, et nous avons le plaisir d’accueillir Baudouin Jurdant qui vient nous parler de « Communication scientifique et réflexivité ». Dans la suite donc des réflexions que nous avons entamées avec nos précédents invités, nous allons aborder la question de ce qui est en jeu au moment où les chercheurs communiquent sur leurs résultats, sur leurs travaux, et la différence qu’il y a entre le fait de communiquer avec ses pairs ou avec les non-spécialistes.

Baudouin Jurdant est spécialiste des questions de vulgarisation, professeur en sciences de l’information et de la communication, à l’Université de Paris Diderot. Il va nous parler de l’importance de la réflexivité dans la vulgarisation scientifique. Je vous souhaite un bon échange, n’hésitez pas à poser des questions.

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Baudouin Jurdant :

Bien, tout d’abord, c’est moi qui vous remercie, de m’avoir invité. Je ne sais pas si j’ai toujours autant de plaisir à parler de la vulgarisation, parce que j’en ai si souvent et si longtemps parlé. Et je me dis qu’un beau jour il faudra que je cesse de traiter ce sujet. Mais c’est quand même avec beaucoup de plaisir que je vais essayer de vous transmettre quelques-unes des idées que j’ai pu avoir au fil des années sur ce thème de la vulgarisation.

Le mieux c’est peut-être de commencer par l’intérêt que j’ai développé, comment s’est développé mon intérêt pour la vulgarisation. Alors je dois tout de suite vous dire que c’est par hasard. C’est-à-dire qu’a priori je souhaitais faire une thèse sur d’autres aspects linguistiques du langage de la science. Et, le professeur auquel je m’étais adressé m’a dit « vous voulez étudier linguistiquement le langage de la science, mais écoutez, soyez sérieux, vous n’êtes pas vous-mêmes scientifique », parce qu’évidemment je venais des sciences sociales. « Vous n’êtes pas scientifique, donc c’est pas possible. Faites de la science auparavant : je vous propose de faire médecine pendant quelques années et puis vous revenez dans quatre, cinq ans pour éventuellement traiter le sujet ». Alors autant vous dire que ça ne m’arrangeait pas du tout, en tout cas à l’époque, et c’est comme ça que j’ai proposé une semaine après à mon professeur, de travailler sur le langage de la vulgarisation scientifique. C’est-à-dire de travailler sur la manière dont les sciences se présentent, à moi, en tant qu’ignorant. En tant qu’ignorant des sciences. Alors je ne vous raconte pas évidemment les paradoxes de cette position, qui a posé quelques problèmes dans la rédaction de la thèse, parce que commencer une thèse avec une base, dont la légitimité se situe dans mon ignorance des sciences, c’est quelque chose d’un peu étrange, ça l’est sûrement pour vous et ça l’était pour moi à l’époque.

En tout cas, le fait est que je me suis mis au travail, et bien entendu les a priori que je pouvais avoir et qui existent encore de façon assez massive dans la communauté scientifique, était de considérer la vulgarisation scientifique comme une forme, une des modalités possibles de la transmission des connaissances scientifiques à un vaste public.

Partant de ce présupposé, la vulgarisation scientifique comme transmission de savoir, ou comme participant à la circulation des savoirs scientifiques, j’ai commencé à travailler sur cette question et je me suis rendu compte assez rapidement, que le savoir transmis était loin d’avoir toutes les caractéristiques du savoir scientifique. On ne devient pas physicien en lisant Science et Vie, ça c’est absolument clair, ni Science et Avenir. On ne devient pas plus physicien d’ailleurs, ce qui est moins évident, en commençant par Science et Vie, et puis en sautant après sur Science et Avenir qui est d’un niveau un peu plus élevé, et puis en allant un peu plus loin avec La Recherche, pour passer ensuite à Pour la Science, voire pourquoi pas Nature et Science à la fin du parcours. Je n’ai jamais vu d’itinéraire de ce type là, et donc là aussi c’était quelque chose qu’il était assez facile de récuser.

C’était dans les années 70. C’était l’époque où un certain nombre d’enquêtes aux Etats-Unis ont été faites sur la vulgarisation scientifique et plus particulièrement sur l’impact de la vulgarisation scientifique, précisément en terme d’acquisition de savoirs. Et la plupart de ces enquêtes étaient pessimistes et ont abouti à cette idée d’un « increasing knowledge gap », d’un fossé grandissant entre science et société. En disant notamment que la vulgarisation scientifique, loin de combler le fossé qui semble exister entre une élite savante et des gens qui sont considérés comme relativement ignorants de l’autre côté, la vulgarisation, loin d’établir un pont au-dessus du fossé, avait plutôt des effets inverses, c’est-à-dire agrandissait encore l’écart qu’il pouvait y avoir entre une élite savante et, on ne va pas dire une masse ignorante, parce que les gens ne sont pas ignorants, loin de là, mais on va dire entre « Einstein et la rue », comme on a pu le lire dans certains articles de vulgarisation précisément, on va dire entre les scientifiques, la communauté scientifique dans son ensemble, et on va les appeler les non-scientifiques. Alors c’est une définition un peu négative, mais en même temps, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Donc, ce fossé-là n’était pas comblé par la vulgarisation scientifique ; au lieu de cela, le fossé semblait aller grandissant.

Alors tout cela m’a amené effectivement à me poser une question. Quand vous allez voir les vulgarisateurs professionnels et que vous leur demandez ce qu’ils font, la plupart emploient les termes d’une transmission des informations scientifiques, d’une transmission de savoir. Et quand vous leur demandez « est-ce que vous êtes confiants dans l’impact positif que vous pouvez avoir ? », ils sont tous très sceptiques. Ils disent « c’est vrai, on n’est pas très sûrs que ça marche très bien, mais notre boulot c’est quand même ça. C’est de transmettre les connaissances scientifiques, d’essayer de simplifier les choses qui sont un peu trop compliquées, de trouver un langage approprié, etc. » C’est-à-dire qu’ils font leur métier avec beaucoup de bonne volonté, et beaucoup de bonne foi, pour effectivement transmettre des connaissances hautement spécialisées, à un public « profane », qui n’a pas les acquis qui leur permettraient de comprendre tout ce qu’on leur dit.

Si donc la vulgarisation ne marche pas, en terme de transmission de savoir, si elle échoue là où les agents de la vulgarisation disent que ce qu’ils font c’est effectivement ça, ça ne peut que nous interpeller et on se dit « alors qu’est-ce qu’ils font ? ». Et la question que je me suis posée de ce fait : « Est-ce qu’ils ne feraient pas autre chose que simplement transmettre le savoir ? ». La vulgarisation scientifique aurait-elle pour seule fonction de transmettre le savoir scientifique à des ignorants ou à des profanes (appelons-les des profanes) ? Ou bien, est-ce qu’elle n’assurerait pas d’autres fonctions qui seraient moins évidentes, un peu plus complexes, et dont les agents eux-mêmes n’auraient pas véritablement conscience ?

Alors, du coup, j’ai un peu travaillé sur l’histoire de la vulgarisation scientifique. Quand vous travaillez sur la vulgarisation scientifique, aujourd’hui, les raisons pour lesquelles la majorité, aussi bien des scientifiques que des non-scientifiques, vont vous dire qu’il est nécessaire de vulgariser, même si certains y croient moins que d’autres, c’est le « droit au savoir », la « nécessité dans une société démocratique de donner les informations à un maximum de gens pour que cette société démocratique puisse vivre, s’adapter à la modernité », etc. Les scientifiques vont dire aussi, (c’est une chose que j’ai souvent entendue) : « après tout les recherches que nous faisons sont financées avec de l’argent public, et donc il est parfaitement normal, légitime, de rendre, de payer notre dette à la société, à travers la vulgarisation scientifique ». C’est ce que j’ai souvent entendu. Il y a des tas d’autres motivations qui sont peut-être moins nobles, il y a beaucoup de scientifiques qui vulgarisent pour mettre un peu de beurre dans les épinards si je puis dire, il y en a d’autres qui vulgarisent pour atteindre une certaine notoriété, alors on sait bien que ce n’est pas la « vraie » notoriété, celle de la science pure. Toutes ces motivations, on peut les entendre. En même temps, il est absolument clair, que quand vous regardez l’histoire de la vulgarisation, vous voyez que la vulgarisation naît au XVIIème siècle et qu’aucune des motivations invoquées aujourd’hui, dans une société où le partage des savoirs est important, ne fonctionne au XVIIème siècle. Personne ne pense à la démocratie à cette époque-là. Et la question d’un partage du savoir paraîtrait tout à fait incongrue. Fontenelle aurait été l’un des premiers vulgarisateurs, enregistré comme tel. Mais on pourrait la faire remonter à mon avis à Galilée et à certains disciples de Galilée, même si Galilée n’a pas d’intention vulgarisatrice lui-même, même si ce n’est pas son propos. Mais Galilée écrit ses livres en italien, sous forme de dialogue, et qu’il ne néglige pas le fait qu’en écrivant en italien, il augmente son public. Pour Galilée, ce n’était pas quelque chose d’accessoire, c’était plutôt quelque chose d’important.

Mais laissons Galilée de côté et revenons à Fontenelle. Du côté de Fontenelle également, ce n’est certainement ni la démocratie, ni la justification de l’argent public que les scientifiques dépenseraient à l’époque puisque cet argent n’est pas public. La science était financée par des mécènes.

Les raisons pour lesquelles on invoque les nécessités de vulgariser aujourd’hui sont des raisons qui n’ont pas fonctionné au moment où la vulgarisation est née comme genre littéraire.

D’où la question qui devient à mon avis encore plus pressante : « Pourquoi ? Pourquoi vulgariser ? ». Pourquoi est-ce que Fontenelle écrit les Entretiens sur la pluralité des mondes, ouvrage célèbre entre tous, par l’élégance de son écriture et la manière dont il a pu exposer un certain nombre des théories scientifiques de son époque ? Encore qu’il était cartésien et qu’il ne rend pas compte des théories de la gravitation de Newton. Il faut dire que les Entretiens ont été écrits un peu avant. Mais néanmoins, ce qui m’a semblé intéressant, c’est de maintenir cette question « Pourquoi la vulgarisation ? A quoi sert-elle ? ». Et l’une des réponses à laquelle je suis arrivé, par l’intermédiaire d’une première constatation est la suivante : en tout cas à l’époque, la vulgarisation ne résulte pas d’une demande publique. Elle ne résulte pas d’une demande d’un public déjà constitué et qui manifesterait d’une manière ou d’une autre un désir de savoir.

Du côté de Fontenelle, vous pourriez dire « oui, dans les salons mondains, les femmes adorent parler des tourbillons cartésiens », mais en même temps, ce n’est pas au nom de cette demande que Fontenelle prend conscience dans la préface aux Entretiens sur la pluralité des mondes ou bien à L’histoire des oracles, que Fontenelle justifie ce qu’il fait, tout en sachant fort bien, qu’il ne sait pas très bien ce qu’il fait justement. Il exclut le fait que c’est une traduction, et un certain nombre de choses, mais il est un peu incertain sur les effets du discours qu’il va tenir, à partir des livres savants qu’il lit et qu’il essaye de rendre accessibles à une audience souvent féminine, et qui finalement n’a pas grand chose à en faire, si ce n’est, et je crois que c’est quelque chose d’important, si ce n’est de nourrir des conversations, et en particulier des conversations mondaines. Alors ne soyons pas trop méprisants vis à vis de ces conversations mondaines. J’ai l’impression qu’il y a là quelque chose qui se joue et que je pense important pour rendre compte de ce que je crois essentiel dans la vulgarisation scientifique.

Alors de fil en aiguille, en posant la question « Qui est le bénéficiaire de l’opération vulgarisante ? Au fond, à qui profite la vulgarisation scientifique ? ». Si l’on est d’accord pour dire que le public n’en fait pas grand profit : il en fait un certain profit, qui n’est pas négligeable, mais ça n’est certainement pas un profit qui pourrait légitimer vraiment tous les efforts que l’on fait aujourd’hui par exemple autour de la vulgarisation scientifique. Donc il en fait un certain profit, mais on reviendra sur ce que le public peut tirer de la vulgarisation scientifique. L’idée c’est de dire, finalement, que comme l’initiative de vulgariser vient des sciences elles-mêmes, est-ce que ce ne serait pas les sciences elles-mêmes qui en seraient les premiers bénéficiaires ? Ce qui semble un peu paradoxal et un peu bizarre. Pourquoi est-ce que les scientifiques ou comment se fait-il que les scientifiques pourraient eux-mêmes tirer bénéfice d’une présentation populaire de leurs savoirs à un public dont ils ne sont pas sensés faire partie, mais dont ils font quand même partie ?

J’ai été très frappé par exemple, quand je faisais mes travaux sur la vulgarisation, par cette observation : j’allais de temps en temps dans les laboratoires, et dans les laboratoires, en tout cas à l’époque, La Recherche arrivait tous les mois sur la table où l’on prenait le café, et bien sûr que les scientifiques, en prenant le café, feuillettent La Recherche. En y cherchant quoi ? Dans une revue comme La Recherche vous avez de la physique, de l’astronomie, de la biologie, vous avez toute sorte de disciplines, mais il est clair que le regard des scientifiques s’arrête au moment où ils voient un article consacré à leur propre discipline. Et quand ils voient un article consacré à leur propre discipline, ils le lisent. Ils le lisent toujours même si c’est pour s’ébahir des erreurs que leur collègue a fait, « tiens il a oublié de citer un tel, qu’est-ce que cela veut dire ? », « il n’a rien compris », « ses expériences… », etc. Vous savez à quel point les scientifiques sont tendres les uns avec les autres et le genre de ricanements que les efforts d’un de leurs collègues à vulgariser peuvent susciter dans la communauté. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’ils le lisent. Ils le lisent d’un bout à l’autre, et vont le conseiller à leurs collègues, « t’as vu l’article d’un tel, ce qu’il raconte sur Lehn, ce n’est pas possible », etc. Il y a là peut-être un besoin, non reconnu par les scientifiques, mais néanmoins très réel.

Martine Barrère qui était à La Recherche et qui s’occupait du nucléaire dans les années 70-80, me disait parfois : « Baudouin, tu as raison, d’une certaine manière c’est vrai, l’impact didactique de la vulgarisation scientifique n’est pas énorme, mais l’interdisciplinarité ! Quand même la vulgarisation scientifique avec des revues comme La Recherche, est là pour faciliter les liens interdisciplinaires. Et grâce à nous certains scientifiques, biologistes par exemple, après avoir lu un article de physique et repéré une courbe qui les intéressaient, téléphonent à leurs collègues pour savoir comment ils l’ont obtenue, etc ». Alors, oui et non, ça arrive de temps en temps, j’imagine que ça a pu arriver de temps en temps et que Martine Barrère était absolument de bonne foi en disant que La Recherche avait une fonction interdisciplinaire, mais quand on voit l’état de l’interdisciplinarité aujourd’hui, on est quand même sceptiques sur l’efficacité interdisciplinaire d’une revue comme La Recherche.

Alors, l’idée au fond était de se poser la question « mais qu’est-ce qu’ils cherchent ? Qu’est-ce qu’un scientifique spécialiste de la question va chercher dans la lecture d’un article de sa propre spécialité ? »

La réponse la plus immédiate, ou la plus évidente, c’est que d’une certaine façon l’article de vulgarisation va permettre au spécialiste de prendre un certain recul. C’est-à-dire, un article de vulgarisation, parce qu’il prend en compte un contexte beaucoup plus large que le contexte de l’article strictement spécialisé, permet au spécialiste de voir les choses d’un tout petit peu plus loin. Ça lui permet de prendre du recul par rapport à l’habitude qu’il a de lire des articles hyper-spécialisés, hyper-concentrés sur tel et tel sujet. Certes, et je crois que là, il y a certainement un bénéfice. On peut se demander aussi quel est le bénéfice que le scientifique peut retirer d’un tel recul. Là-dessus Terry Shinn a dit des choses qui à mon avis son très intéressantes. Il y a beaucoup de scientifiques qui ont quand même un peu le nez dans le guidon, ils sont très concentrés sur des sujets souvent très pointus, qui leur font oublier le monde alentour. Ils mettent toutes leurs forces dans des matières souvent très étroites. Et donc, ce que Terry Shinn disait, c’est que par le biais de la vulgarisation, le scientifique a la possibilité de tisser à nouveau une sorte d’imaginaire dans lequel il a la possibilité de resituer sa recherche. Ça lui permet au fond de rêver à nouveau dans un contexte un peu plus étendu, un peu plus vaste, d’imaginer des questions auxquelles lui-même n’avait pas pensé dans son sujet, au fond de voir son sujet s’élargir à d’autres dimensions que celles qui le mobilisent dans la recherche spécialisée qu’il mène.

J’irais un tout petit peu plus loin dans les bénéfices que les scientifiques peuvent tirer de la vulgarisation scientifique, aussi bien au niveau de la production, que de la lecture, que de la réception des articles de vulgarisation. En disant, est-ce qu’au fond les scientifiques ne cherchent pas dans la vulgarisation à retrouver ou trouver peut-être tout simplement une certaine réflexivité ? C’est-à-dire rendre le savoir à la construction duquel ils participent activement et de façon très intense, rendre ce savoir-là un peu plus réflexif ?

Alors qu’est-ce que ça veut dire « réflexif » ? Surtout devant une assemblée de scientifiques, les cheveux, quand ils sont là, doivent se dresser sur la tête. Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Pour essayer d’expliquer cela, je vais vous rappeler certaines des caractéristiques de la vulgarisation, à ses débuts et pendant une bonne partie du XVIIIème et une bonne partie du XIXème.

La vulgarisation était une littérature très particulière. D’abord adoptant souvent la forme du dialogue, de la conversation. Il s’agit bien de cela, de la conversation. Une forme de dialogue, où l’on sent très bien à plusieurs reprises, lorsque les vulgarisateurs parlent, ou s’excusent souvent avec une sorte de petite culpabilité, d’avoir utilisé un style familier. Un style de conversation précisément. Un style ordinaire tout simplement. Alors ce que je souligne ici, c’est la référence que les scientifiques font à la dimension orale de la langue. C’est-à-dire au fond, le fait que le vulgarisateur, d’ailleurs souvent ils le disent « je me suis imaginé parler avec mon lecteur. J’ai essayé d’imaginer les objections qu’il pourrait me faire et j’ai répondu comme si nous étions ensemble en train d’avoir une discussion relativement informelle, relativement libre. » Et du coup, ce qui m’intéresse là, c’est la dimension orale de la langue. Je la mets en contraste avec précisément la science elle-même. Parce que les sciences sont fondamentalement écrites. C’est de l’écriture. Je dirais même que c’est de l’écriture en un sens très fort. Certes, certains laboratoires sont des lieux de parole pour ceux qui y travaillent, d’autres sont très silencieux. Mais les résultats de la science, c’est avant tout la publication, c’est l’écriture. Une écriture qui est extrêmement contrainte, par des règles, par des codes, assez précis, qui ont pour but notamment d’écarter le maximum d’éléments subjectifs précisément, d’éléments qui seraient au fond personnels. On n’écrit pas un article de science pour dire ce que l’on croit subjectivement sur l’état de tel ou tel sujet. On écrit un article de science parce que l’on a obtenu un certain nombre de résultats. Et on est obligé de formater ces résultats d’une certaine manière. Et dans ces cas-là on s’adresse à ses pairs. Et ces pairs, bien entendu, vont apprécier l’article. Ce qui est le plus extraordinaire, c’est que les pairs, votre collègue spécialiste, qui va lire l’article, il va le comprendre. Très exactement, comme vous vouliez qu’il le comprenne. Bon parfois, il peut y avoir des problèmes : dans ces cas-là il prend immédiatement son téléphone et il dit « Ecoutez, là il y a un truc, j’ai essayé de refaire votre expérience, mais ça ne marche pas du tout, il y a un machin qui me manque… » et éventuellement une discussion va pouvoir s’engager là-dessus. Mais en principe, à partir du moment où vous publiez vos résultats, où vous expliquez les protocoles expérimentaux que vous avez utilisés, où la bibliographie est faite correctement, où vous n’oubliez rien, alors, en principe, votre collègue comprend ce que vous dites, et il le comprend exactement comme vous voulez qu’il comprenne. Il y a une espèce de maîtrise de l’écriture, qui fait que la communication intra-scientifique fonctionne bien. On va dire ça comme çà. Je suis sûr qu’il y en a parmi vous qui vont dire « vous croyez que ça fonctionne bien, mais ça ne fonctionne pas aussi bien que vous le croyez ». Enfin, idéalement, les codes, les contraintes, les règles, le formatage, tout cela participe à une volonté d’escamoter au maximum les éléments subjectifs qui pourraient interférer avec une compréhension parfaite des résultats que vous donnez. Et ça, je crois que c’est possible avec l’écriture bien sûr. C’est l’écriture qui rend possible de maîtriser… D’ailleurs quand un article se fait à plusieurs, j’ai assisté à plusieurs discussions de ce type là, les négociations sont parfois extrêmement détaillées : « non on ne va pas utiliser ce terme-là parce que ça ferait référence à telle chose et nous ne voulons pas que nos lecteurs y pensent », etc. Il y a une vraie volonté de maîtrise dans la rédaction-même d’un article scientifique, qui est tout à l’honneur d’ailleurs de la communauté scientifique, parce que c’est comme cela que ça marche, et que ça marche bien.

Donc on a affaire à l’écriture. Je vais faire brièvement référence à Thomas Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, et ce mot horrible qu’il a lancé, enfin il n’est pas aussi horrible que ça, quand il parle de paradigme. Quand il parle de « paradigme », ce qu’il veut dire n’est peut-être pas aussi compliqué qu’il n’y paraît. La façon dont j’interprète ce qu’il veut dire c’est que les scientifiques, dans une communauté, dans une spécialité particulière, partagent tous plus ou moins, plutôt plus que moins, la même perspective sur les choses. C’est-à-dire que les communautés scientifiques savent bien quels sont les problèmes de leur discipline. Ils savent bien, quelles sont les difficultés, etc. Ils adoptent un point de vue dont ils ne sont pas forcément conscients. La plupart des scientifiques, ou des chimistes, même les astronomes par exemple, —quand les astronomes nous parlent des trous noirs ou des galaxies, des étoiles, des naines rouges, ou tout ce que vous voudrez, quand ils parlent de cela, même si ce sont des objets très éloignés et même si l’observation de ces objets se fait, comme le dit Bruno Latour, à travers une « cascade de médiations » relativement complexe— néanmoins, beaucoup d’entre eux vous parleront de ces galaxies ou de ces trous noirs, comme s’il s’agissait de la réalité elle-même. C’est à la réalité qu’ils ont affaire. Et quand je dis ça, j’ajoute immédiatement, j’implique immédiatement, que s’ils peuvent croire sans aucune difficulté, qu’ils ont affaire à la réalité elle-même, c’est bien parce qu’ils ont la possibilité d’oublier qu’ils sont à l’intérieur d’un paradigme. C’est-à-dire, que la vision qu’ils ont de la réalité, n’est pas la vision d’un dieu omnipotent et omniscient, mais que cela reste une vision humaine définie par des instruments, des méthodes, toute une série d’appareils et de médiations, mais de médiations qui vous donnent de la réalité, une vision attachée à un point de vue. Un point de vue dont ils ne sont pas forcément conscients. J’insiste là-dessus.

C’est là qu’intervient à mon sens, ce que l’on pourrait appeler une sorte de déficit de réflexivité dans les sciences. Vous connaissez tous la phrase de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », je suis sûr que certains d’entre vous ont même du plancher en classe de philo sur des sujets analogues. Sujet extrêmement intéressant, parce qu’il définit comme possible l’existence d’une « science sans conscience ». C’est-à-dire que lorsque l’on vous fait traiter « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », les scientifiques normaux pourraient dire « c’est complètement idiot, bien sûr qu’on est parfaitement conscients de tout ce qu’on fait, bien sûr que… ». Eh bien non, ce n’est pas « bien sûr » ! Au nom du fait que les scientifiques peuvent très bien oublier la perspective qui détermine le discours qu’ils tiennent sur la réalité. Parce qu’ils tiennent un discours sur la réalité. Ils construisent une certaine représentation du monde. J’adore cette définition que l’on doit à un linguiste suisse, Luis Prieto, dans les années 70, il disait quelque chose qui m’a toujours fasciné. Il pose à un moment donné le problème suivant : « Quelle est la différence entre une connaissance idéologique, et une connaissance scientifique ? ». Bon. Facile. Non pas si facile, vous allez le voir. Alors la réponse qu’il donne, est une réponse qui à mon avis est très intéressante. Il dit : « une connaissance scientifique est une connaissance qui n’oublie pas qu’elle est connaissance. Alors qu’une connaissance idéologique, c’est une connaissance qui a oublié qu’elle était de l’ordre de la représentation, qu’elle était effectivement connaissance. » Ce qui est intéressant ici, dans la caractérisation de la connaissance scientifique par rapport à la connaissance idéologique, c’est que la connaissance scientifique, et c’est vrai que les scientifiques entre eux sont sans arrêt en train de s’interpeller sur le savoir qu’ils détiennent, de le critiquer, etc., c’est-à-dire, ils sont sans arrêt en train de se rappeler les uns aux autres, que leur connaissance appartient bien au registre de la représentation. Enfin ça, c’est le mieux que l’on pourrait souhaiter. Ce qui ne les empêchent pas, dès qu’ils se situent à l’intérieur d’un paradigme donné, dans le cadre de leur spécialité, d’oublier très souvent la perspective qui leur fait voir les choses comme ils les voient. Et la connaissance idéologique, cette connaissance qui donc, a « oublié » qu’elle se situe au niveau de la représentation et qu’elle est effectivement une connaissance, cette connaissance idéologique s’impose comme si elle provenait de l’objet dont elle est connaissance. Prieto utilise le terme intéressant de « connaissance naturalisée ». Elle oublie son ancrage dans la conscience précisément. Et c’est quelque chose qui effectivement peut souvent advenir à l’intérieur des communautés scientifiques : ce fait d’oublier que l’on a un certain point de vue sur les choses. On pourrait croire alors que l’on travaille sur la réalité elle-même, au nom même de la communauté qui nous fait croire cela. Ce n’est pas du tout une croyance illégitime, c’est une croyance qui a tous les atouts de la légitimité. A partir du moment où l’on oublie que ce que l’on voit on ne le voit que d’un certain point de vue, bon, certes, on est encore dans la science, et cela n’a pas vraiment beaucoup d’importance pour obtenir les résultats que l’on veut obtenir, mais par contre, on est quand même à ce moment-là dans quelque chose qui n’est pas réflexif. On est dans la non-réflexivité, c’est-à-dire que l’on croit que l’on a affaire directement à la réalité, et on oublie l’aspect épistémique, l’aspect « représentation » que l’on a du monde. Et c’est au moment où vous êtes réfuté par quelqu’un d’autre que vous vous dites, « ah bah oui, je n’étais pas forcément dans le vrai et ce n’était qu’une représentation ». On peut donc en prendre conscience mais c’est de plus en plus rare. La réfutation des grandes théories est de plus en plus complexe et de plus en plus difficile.

La vulgarisation scientifique a ce mérite : elle oralise le discours scientifique écrit. On pourrait même presque dire, qu’étant donné l’importance de l’écriture dans le fonctionnement même des sciences à l’heure actuelle, puisque tout doit passer par des publications attestées, si l’on veut que les sciences, un jour, parce qu’on y est pas encore, appartiennent authentiquement à la culture des sociétés modernes, ce que l’on appelle la culture, il devient absolument fondamental que les savoirs qu’elles construisent deviennent des savoirs réflexifs. C’est-à-dire que cette dimension réflexive de la connaissance s’attache aux savoirs scientifiques eux-mêmes. Sinon, on aura toujours des problèmes.

L’idée que je me suis fait de la vulgarisation, c’est qu’effectivement, c’est ça qu’elle fait. En essayant de faire passer les résultats de la science, au niveau linguistique de la parole précisément. En oralisant le discours écrit de la science, elle introduit (il faudrait que j’apporte des tas de nuances tout à l’heure) des dimensions réflexives et une dimension réflexive qui est inhérente à l’usage de la parole. Parce que si la réflexivité a un sens, si l’on peut parler de réflexivité dans le monde dans lequel nous sommes, c’est au nom précisément de l’usage oral de la langue. C’est l’usage oral de la langue, qui vous rend réflexif, si je puis dire.

Alors, je ne sais pas s’il faut que je rentre dans les détails de la démonstration (si tant est que c’est une démonstration), des arguments qui me font dire effectivement que la réflexivité ne peut qu’être liée de façon très intime à l’usage de la parole, et certainement beaucoup moins à l’usage de l’écriture, et en particulier de l’usage scientifique de l’écriture.

Je dis à l’usage de la parole, pourquoi ? Parce que dès qu’on prend la parole, ce qui est relativement simple à comprendre, on est immédiatement à la fois « parlant la parole », c’est ce que je fais actuellement, je suis porteur de la parole, mais je suis aussi « parlé par la parole ». Je vois très bien que vous vous construisez tous une certaine image du sujet parlant que je suis ici et qui ne coïncide pas forcément à la croyance que je peux nourrir en mon for intérieur de la manière dont je suis en train de parler.

Autrement dit, ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a un clivage, entre le sujet parlant la parole et le sujet parlé par la parole. La parole que je vous donne ici, elle me parle. Elle me pointe aussi, je suis forcément pointé, à travers vos oreilles comme un sujet parlé. Mais le sujet parlé par la parole, il passe par vos oreilles. Et il est hors de question, lorsque l’on parle, de pouvoir maîtriser toutes les oreilles, c’est impossible.

Il y a des tas de raisons qui peuvent nous porter à penser que c’est au nom de ce clivage propre aux langues humaines et en particulier aux langues doublement articulées des êtres humains, etc, c’est bien au nom des spécificités de cette langue-là, que la parole peut être dite à l’origine d’une certaine réflexivité. D’une réflexivité qui est absolument fondamentale pour la culture. Jean-Pierre Dupuis revient de Tchernobyl, et à un moment donné parle un peu de la culture scientifique, et dit ceci dans Un homme en colère : « pour qu’une activité intellectuelle devienne culture [une activité intellectuelle quelle qu’elle soit], il faut au moins qu’elle soit capable d’un retour réflexif sur soi-même, et qu’elle entre en communication intense, avec ce qui n’est pas elle. La science hyper concurrentielle, donc hyper spécialisée, est tout sauf une activité culturelle. » C’est dramatique. Ce n’est pas dramatique en fait, on pourrait s’accommoder de cela. En même temps, si on prétend que la science doit faire partie de la culture de l’honnête homme du vingtième siècle, etc., si on a un discours humaniste de ce type-là, qui permettrait d’intégrer mieux les sciences dans les sociétés modernes, il est clair que ça ne peut passer que par la culture. Et, s’il faut que cela passe par la culture, il faut effectivement que les sciences puissent pallier le déficit de réflexivité qu’elles exhibent. J’ai essayé de vous montrer quel était ce déficit de réflexivité, cette non-conscience que l’on peut nourrir, du point de vue auquel s’attache toute connaissance. On ne peut pas accéder à des réalités, sans impliquer un point de vue particulier. Et c’est dans la mesure où l’on prend conscience du point de vue particulier qui vous fait construire le savoir de la réalité comme vous le construisez, que vous pouvez prétendre à une certaine réflexivité. C’est cette réflexivité qui vous permettra éventuellement d’intégrer la science, ou les sciences dans la culture de l’honnête homme.

Ce qui m’a mis la puce à l’oreille de cette réflexivité, c’est ce qui s’est passé un jour où, à une conférence sur la vulgarisation scientifique, on avait invité, certains d’entre vous l’ont peut-être connu, Michel Crozon. Michel Crozon est physicien des particules, grand vulgarisateur, homme tout à fait agréable et très intéressant. A la conférence, on lui a demandé « Pourquoi vulgariser ? », ce qui était le sujet même de la conférence. Et c’est lui qui était le premier interlocuteur. Et immédiatement, il a dit : « Pourquoi je vulgarise ? Voilà, c’est pour mieux comprendre ce que je fais. ». Et dans cette parole, ce qu’il exprime de façon absolument claire et évidente, c’est le désir d’une certaine réflexivité. « Pour mieux comprendre ce que je fais ». Ne soupçonnez pas Michel Crozon d’être un mauvais physicien ou un physicien qui ne comprenait pas ses formules, non, ce n’est pas du tout ça. La contrainte de parler, d’exposer, de présenter la science spécialisée dont il était porteur, à un public profane, à un public qui n’y connaît rien, c’est ça qui lui permettait à lui, de mieux comprendre ce qu’il faisait. C’est là le bénéfice que lui trouvait à vulgariser. C’est-à-dire qu’il confirmait un peu le soupçon que j’avais. Le soupçon qui consistait à dire que la vulgarisation n’était pas une espèce d’avatar, une dégradation du savoir pur, mais quelque chose qui est au cœur même du fonctionnement de la science moderne. Quelque chose qui est d’une nécessité absolue si l’on veut comprendre et bien comprendre ce que l’on fait quand on fait de la science. Et du côté de Crozon, c’est clair que la nécessité de vulgariser, l’oblige à retrouver, à renouer avec le point de vue qui fait voir le monde du physicien comme il le construit. C’est à dire que c’est au nom d’une prise de conscience de la perspective que les scientifiques ont quand ils nous parlent des bosons etc., c’est quand ils prennent conscience de cette perspective, qu’ils vont pouvoir à la fois vulgariser et introduire la réflexivité. Et ceci se fait, je dirais, principalement par le biais d’un retour à la dimension orale de la langue. Si on arrive pas un jour, à faire en sorte que la science soit effectivement parlée, par les gens, la science sera toujours à l’extérieur de la culture.

Il faut pouvoir parler science, si l’on veut que la science intègre la culture.

Alors la grande difficulté de ce problème est la suivante. Les vulgarisateurs, généralement, quand ils vulgarisent, se sentent eux-mêmes contraints, et plus ou moins obligés, de se faire les relais du point de vue que les scientifiques ont du savoir qu’ils vulgarisent.

Ils s’en font les relais, souvent imparfaits. Certains d’entre vous savent très bien que lorsque vous vous faites interviewer par un journaliste de Science & Vie, soit vous lui dites « écoutez, je veux revoir le texte après, je vais voir si tout est bien etc. », ou bien si jamais vous abandonnez les choses en l’état, il y a de fortes chances pour que vous appeliez le lendemain en disant « mais vous m’avez mis un titre qui fausse tout ! On ne comprend plus rien avec le titre que vous avez mis, et ces inter-titres qui n’ont rien à voir, etc. ». C’est à dire le mécontentement des scientifiques, par rapport à la production vulgarisatrice est très connu et a souvent été traité.

C’est un mécontentement que je ne crois pas légitime. Je crois que la vulgarisation n’aboutit qu’à une impasse, s’il s’agit pour le vulgarisateur de se faire le relais du point de vue que les scientifiques ont sur le monde, à travers leur méthode et le point de vue qu’ils construisent, sans prendre conscience justement de ce point de vue. Des relais purs, complètement passifs. Souvent les vulgarisateurs sont obligés d’agir comme cela parce qu’ils ne comprennent pas bien ou pas complètement la matière dont ils traitent.

Le problème est le suivant. Il faudrait, pour que les scientifiques, les vulgarisateurs, pour que la vulgarisation puisse effectivement avoir cette fonction de réinjecter de la réflexivité dans le savoir des sciences, afin que ce savoir puisse effectivement réintégrer la culture, il faudrait que les scientifiques soient prêts à ce que la vulgarisation ne soit pas exclusivement consacrée à relayer leur propre point de vue sur le monde. Si la vulgarisation ne fait que cela, elle devient propagande. De la pure propagande. Au sens même où Hitler utilise le terme « vulgarisation ». Hitler condamnait tous les journaux, les journalistes, toute cette engeance horrible de gens qui se mêlent de ce qui ne les regardent pas, des intellectuels au sens sartrien du terme. Et Hitler, dans Mein Kampf, parle de la vulgarisation, et dit que la seule littérature pour laquelle il a une considération, c’est la littérature de vulgarisation, et il dit très bien pourquoi : parce que c’est de la propagande. C’est tout. C’était clair, pour Hitler, la vulgarisation était sauvée à ses yeux au nom de sa capacité à se faire le relais d’un point de vue qui n’est même pas explicité. C’est ça qui peut être grave.

Alors que c’est là que la vulgarisation aurait une vocation superbe à reprendre à son compte, celle de multiplier les points de vue. De faire en sorte que l’on puisse parler de la physique des particules par exemple, avec des points de vue qui ne soient pas forcément des points de vue de physiciens de particules. Il y a plein de points de vue possibles, on peut parler de la physique des particules d’un point de vue politique, d’un point de vue économique, d’un point de vue plus culturel aussi, d’un point de vue mystique aussi, il y en a qui l’ont fait. C’est-à-dire que c’est seulement à mon avis en multipliant les points de vue, que l’on peut faire en sorte que le scientifique lui-même, même s’il va dire « ces points de vue sont non pertinents concernant mon domaine », se rende compte qu’il a un point de vue. Et c’est ça qui compte. Qu’il prenne conscience, réflexivement, du point de vue qui lui fait dire que le monde est comme ceci ou qu’il est comme cela.

On pourrait maintenant ouvrir un débat, je peux vous apporter des détails sur des choses qui vous paraitraient encore un peu confuses, et puis compléter selon les besoins.

Je vous remercie de votre attention.

MF : Je vous laisse débattre, si vous avez des réactions à ce qui a été dit, des questions, c’est le moment.

Q1 : J’ai juste une toute petite question : quand vous avez parlé de Fontenelle. Est-ce que vous pensez que Mme de Chatelet et Voltaire, voulaient traduire les résultats de Newton ?

BJ : Alors Mme du Chatelet a traduit les Principia de Newton, et Voltaire a vulgarisé les Principia de Newton. Je ne sais pas si vous connaissez le petit d’ouvrage de Voltaire, qui est magnifique d’ailleurs. Et dans lequel il dit, c’est vraiment très intéressant, parce que dans la préface de cet ouvrage, il se rend lui-même compte de l’impossibilité. Comment faire comprendre en deux cents pages bien tournées ce qu’il a fallu des années à Newton pour le concevoir. Donc lui-même était très conscient de quelque chose qui, à certains moments, est à la limite de l’imposture.

C’est-à-dire qu’il va raconter en deux cents pages, sans aucune formule, etc, il va nous dire ce qu’est la gravitation universelle. Alors qu’à côté, il y a Mme du Chatelet qui peine pour comprendre les documents authentiques et qui traduit très exactement les Principia et avec beaucoup de talent d’ailleurs, talent que Voltaire n’avait absolument pas, puisqu’il n’était pas mathématicien. Du côté de Voltaire, c’est de la vulgarisation, du côté de Mme du Chatelet, c’est une traduction. C’est tout à fait autre chose. Alors je ne sais pas si je réponds à votre question…

Q1 : Enfin je veux dire aussi que Voltaire, il s’est fichu un petit peu du… enfin…

BJ : Tout à fait. Mais il en était convaincu. Voltaire en était convaincu, d’ailleurs, tous les encyclopédistes du XVIIème. Ils sont convaincus, beaucoup plus que l’on ne l’est aujourd’hui encore à mon avis, de la nécessité, d’abord des sciences, de la légitimité de l’entreprise scientifique, de l’algèbre, de la géométrie, etc, mais ils sont aussi convaincus de la nécessité d’introduire une dimension culturelle au fonctionnement des sciences. Et ça, c’est quelque chose qu’on a un peu perdu. Sinon complètement. Dans les modes de gestion actuelle de la recherche scientifique, on oublie généralement complètement cette dimension qui apparaissait comme absolument fondamentale, centrale, pour les encyclopédistes du XVIIe. Diderot le dit, l’encyclopédie est faite pour servir la multiplication des points de vue, pour une véritable prise de conscience des différents sujets suivants les différents points de vue. Rousseau a participé à l’encyclopédie de Diderot, pourtant dieu sait que Rousseau n’avait pas le même point de vue que Diderot. Donc il y a quelque chose au XVIIIème siècle qui est absolument clair, et qui ne l’est plus du tout aujourd’hui. on a l’impression que la vulgarisation est quelque chose de superflu. Allez, combien de chercheurs, — je sais que Pablo Jensen me dirait, « mais non ce n’est pas le cas »,— mais il n’y a pas beaucoup de chercheurs, ou de comités de sélection du CNRS ou de professeurs, qui, devant l’évocation d’une activité de vulgarisation, la considéreraient de façon positive. « Il fait de la vulgarisation ? quel intérêt ? »

Intérêt absolument fondamental, intérêt social et culturel essentiel. A mon sens, la négligence et le mépris dans lequel on tient souvent la vulgarisation, c’est comme si la science se tirait une balle dans le pied. C’est comme si elle se coupait de toutes les ressources culturelles dont elle a besoin pour continuer à fonctionner et à produire des résultats intéressants. Enfin, là, je prêche un public de gens qui sont convaincus, non ?

Q2 : Je me retrouve bien, je comprends bien cette dimension réflexive, que trouve le chercheur qui ouvre la recherche et qui va sur un article qui traite de sa discipline. Je la vois bien aussi, quand il décide lui-même de vulgariser et qu’il situe son travail dans un contexte, donc il est obligé de faire un pas en arrière pour s’adresser à des gens qui sont en face de lui, ou qui vont lire son texte. Ce qui m’étonne, c’est que lorsque l’on entend parler des chercheurs, on a l’impression, que souvent ils sont très dogmatiques, qu’ils n’ont pas cette réflexivité. Et j’ai l’impression qu’au contraire, ceux qui en ont le plus, ce sont ceux qui ont fait une thèse de philo, ou qui ont des copains qui sont sociologues des sciences, ou à la rigueur qui participent à des bars de sciences, auquel cas ils reçoivent du public un regard sur la science. Et par ailleurs, il existe maintenant, au-delà de la vulgarisation écrite dont vous avez parlé, il existe tout un tas de gens, qui font de la vulgarisation, qui ne s’appelle plus vulgarisation, mais médiation, parce que ce sont des gens qui ne font plus partie de la communauté scientifique, souvent qui en ont fait partie, mais s’en sont détachés. Et en en ayant fait partie, est-ce qu’eux-mêmes recherche une réflexivité sur la science puisqu’ils ne sont plus chercheurs ? Pour résumer, la question que je me pose « est-ce que le chercheur est capable, tout seul, de se construire cette réflexivité-là dans une activité de vulgarisation ?

BJ : S’il a une activité de vulgarisation et s’il intériorise bien la contrainte de l’altérité à laquelle il va avoir affaire avec un public de profanes, alors oui, moi je pense qu’il va intégrer une dimension réflexive dans son travail et dans sa recherche. Cette dimension réflexive va lui donner une manière d’aborder les choses qui sera culturellement digestible, beaucoup plus facilement. Vous avez posé à la fin un problème, qui est un problème très sérieux, surtout pour moi qui suis responsable d’un master de journalisme scientifique, qui s’adresse à des scientifiques. Donc des étudiants, qui sont en L3, qui candidatent en M1 de journalisme scientifique, donc qui ont tous fait des sciences, jusqu’au L3 et puis, ils arrivent et ils disent « non, la recherche c’est pas fait pour moi, et comme je ne veux pas dire adieu à ce que j’ai fait pendant trois ans », ils s’orientent vers le journalisme scientifique. Alors là ils posent un problème particulier, parce qu’ils ont d’abord de la science, une image qui vient de l’enseignement. Or, tout le monde sait, que l’image que l’on tire de la science au nom de l’enseignement, est loin de l’image que l’on peut avoir de la science après avoir fait un peu de recherche. Après un peu de recherche, l’opinion que l’on peut avoir des sciences change pas mal. Et donc, l’une des choses que j’ai instaurées à Paris 7, c’est justement d’ébranler un peu cette image, et de leur faire prendre conscience au fond du point de vue qu’ils ont sur les sciences, et l’exercice que je leur propose, d’entrée en M1, la première chose qu’ils font, je leur demande de présenter théâtralement une controverse scientifique. C’est à dire de rouvrir les boîtes noires, c’est à dire les raisons légitimes qui ont opposé par exemple Pouchet à Pasteur lors de la génération spontanée, et où je leur demande de jouer le jeu, en leur demandant d’essayer de se replacer dans l’époque, une époque où l’on ne savait pas qui aurait raison.

Programme

Jeudi 19 Janvier : Archives Municipales de Lyon

La conservation des fonds: entre pratiques alternatives et institutionnelles
9 :30 Ouverture : Anne-Catherine Marin, Mimmo Pucciarelli : Un pont en papier.
10 :00 Michel Chomarat : La presse marginale dans les bibliothèques publiques.
10 :20 Marie Bourgoin : La fanzinothèque.
10 :40 Débat
11 :00 Isabelle Rivé : Presse clandestine et milieux résistants à Lyon pendant la deuxième guerre.
11 :20 Franck Veyron : Pratiques originales de collecte et de conservation à la
Bibliothèque de documentation internationale contemporaine.
11 :40 Marianne Enckell : Un demi-siècle de conserv@tion anarchiste.
12 :00 Débat
12 :30 Repas
Source historiques, modèles et frontières de la presse alternative
14 :00 Alan Marshall : La technique et la communication… prolongement de la Révolution française.
14 :20 Roger Bautier : Les implications d’une presse d’opinion : la formation et l’expression de l’opinion.
14 :40 Benjamin Ferron : La production des idéologies dominées : l’exemple des médias des mouvements sociaux contre la mondialisation néolibérale.
15 :00 Débat
15 :30 Benoît Bruant : La presse satirique, tradition et réinvention d’un modèle populaire de contestation.
15 :50 Patrice Bouveret : La presse alternative : entre contre-information, contestation et expertise
16 :10 Débat

Vendredi 20 Janvier : Archives Municipales de Lyon

Pluralité des causes, singularité des engagements
10 :00 Antoine Fernandès : Pour un revue de la presse alternative et indépendante.
10 :20 Anne Jacquemot : Revendiquer la reconnaissance des médecines alternatives : une histoire dans la presse d’information en santé.
10:40 Laurent Martin : La bande dessinée underground américaine des années 1960-1970.
11 :00 Débat
11 :20 Antoine Idier : La presse alternative homosexuelle à Lyon dans les années 1970.
11:40 Bérengère Kolly : La femme libre et les soeurs saint-simonienne ; la formulation d’une utopie féministe et sororale dans et par la presse.
12 :00 Débat
12 :30 Repas
14 :00 Foued Nasri : L’expérience de Cosmopolis (1982-1984) ou l’histoire des déplacements des réseaux militants lyonnais au tournant des années 1980.
14 :20 Laurence Corroy : La presse lycéenne : un espace public repensé entre désir d’action émancipatoire et négociation nécessaire.
14 :40 Débat
15:10 Xavier Riondet : Subjectivisations politiques dans la revue Les cahiers pédagogiques entre 1963 – 1989.
15 :30 Pierre Sommermeyer : Itinéraire d’un militant, de la ronéo chinoise au web2.
16 :00 Débat

Samedi 21 Janvier : Mairie du Premier Arrondissement (à confirmer)

Médias alternatifs dans le monde
10 :00 Jean-Michel Rampon : Un registre multidimensionnel : médias alternatifs anglo-saxons et présentations de soi collectives sur internet.
10 :20 Edgar C. Mbanza : Mutations de la communication sociale en Afrique : les médias alternatifs «formels» en question.
10:40 Raffaello Ares Doro : La presse alternative dans l’Italie des années soixante-dix. Le cas du quotidien Lotta Continua.
11 :00 Débat
11 :30 Andrea Lanza : La presse de « l’autonomia creativa » entre ancienne révolution et utopie nouvelle (Italie 1975 – 1979).
11:50 Lou Marin : 40 ans de Graswurzelrevolution (1972 – 2012), publication de l’anarchisme non-violent en langue allemande.
12 :10 Débat
12 :30 Repas
Pratiques, espaces, objets
14 :00 Joëlle Le Marec : La presse alternative : sciences et société.
14 :20 Pierre Valentin : Le journal Actuel, ses lecteurs et le mouvement contre-culturel français, 1965-1975.
14 :40 Thierry Lefebvre : Interférences (1975 – 1981).
15 :00 Débat
15 :30 Flavie Holzinger : Le Monde Diplomatique, un modèle « grand public » de presse alternative.
15:50 Manus McGrogan : Explosif, écléctique, éphémères : Tout ! Au carrefour des radicalismes 1970-1971.
16:10 Vincent Chambarlhac : Se retourner sur un imaginaire défait, les Révoltes Logiques.
16 :30 Dominique Mureau : Si votre journal ne vous plait plus, faîtes le vous-même!
17 :00 Débat

 

A côté d’un traitement plus ordinaire des questions médicales, scientifiques ou techniques, les épisodes du SRAS en 2003, de la grippe A (H1N1) en 2009 ou très récemment de la bactérie ECEH ont montré comment des questions de santé publique pouvaient devenir des problèmes politiques dont les médias s’emparaient dans leur immédiateté, comme des scoops, contribuant ainsi à les ériger en événements.

En traitant alors ces « événements » sous différents angles (scientifique, médical, technique, politique, économique, industriel, social, environnemental,…), les médias mettent en scène des acteurs relevant de sphères discursives distinctes : scientifiques, responsables politiques, citoyens malades avérés ou potentiels, professionnels de la santé. Une polyphonie de discours publics se laisse alors saisir, pouvant parfois donner l’impression d’une cacophonie, parfois d’une orchestration vite vue comme manipulatrice.

Au delà d’une information classiquement relayée et commentée par la presse (généraliste ou plus spécialisée), la télévision, la radio ou internet, des campagnes de communication sont alors mises en place pour faire connaître des moyens de prévention, ou pour inciter à la vaccination par exemple. On peut aussi voir émerger des reprises ironiques, sous forme de clips sur internet, faux journaux, créations théâtrales…

Le colloque qui sera organisé à Bordeaux les 18 et 19 octobre 2012 vise à réunir des chercheurs d’horizons différents (en Sciences de l’Information et de la Communication, Philosophie, Linguistique, Sciences du Langage, Sociologie,…) ainsi que des professionnels de la santé, de la politique et des médias, afin de croiser leurs réflexions sur le mode de traitement par les médias des questions de santé publique.

Les problématiques suivantes pourront être abordées, sans exclusive :

  • En matière de santé publique, comment le discours de la science est-il diffusé ? Comment les paroles des experts scientifiques sont-elles rapportées ? Quelle texture énonciative se dessine ?
  • Lorsque le journaliste endosse le rôle de médiateur, quel dialogisme interactionnel se met en place ? Quelles en sont les marques linguistiques et sémiotiques (reformulations, vulgarisation, désignations qualifiantes, infographies, encadrés et illustrations à vocation didactique, etc.) ?
  • En contexte de santé publique, quelles sont les stratégies rhétoriques que les médias mettent en acte ?
  • Comment les médias ventilent-ils les raisons (scientifique, politique, économique…) dans les différents discours à propos de la santé publique ?
  • Plus largement, quelle importance les médias accordent-ils aux questions de santé publique ? Comment mettent-ils en scène les questions ou les problèmes de santé publique ? A partir de quand peut-on parler d’« événement médiatique » ? Et à quel moment passe-t-on de « question » à « problème politique » de santé publique ?
  • Comment les médias interviennent-ils dans la mise en place d’une alerte sanitaire ? Observateurs, acteurs, révélateurs, amplificateurs ?
  • Comment les différents publics réagissent-ils au traitement médiatique des problèmes de santé publique ?
  • Quelles sont les stratégies rhétoriques que les médias mettent en oeuvre en contexte de santé publique?
  • Comment, dans un contexte d’abondance de l’information et de possibilité de bruitage, les médias permettent-ils de distinguer le vrai du faux ? Quelle désinformation peut se mettre en place ?
  • Comment se redéfinit l’expertise en matière de santé publique et qui peut être considéré comme expert ?

Les propositions de communication (un titre et un résumé de 450 mots maximum, en
français ou en anglais) seront à déposer avant le 17 mars 2012 à l’adresse suivante :

www.conference-universite.org/MedSante2012

Calendrier :
- Date limite de dépôt des propositions, via le site du colloque : 17 mars 2012
- Notification d’acceptation : fin mai 2012
- Pré-inscriptions : avant le 15 juin 2012
- Dates du colloque : 18 et 19 octobre 2012

Contact : medsante2012@conference-universite.orgAppelMedsante

Composition du comité scientifique :

BENKIMOUN Paul Journaliste en charge des questions de santé – Le Monde
BOUTET Josiane, Professeur des Universités en Sciences du Langage, Université Paris
IV-La Sorbonne et Université Paris VII-Denis Diderot
BRUN Cédric, Maître de conférences en Philosophie, Université Bordeaux, SPH (EA4574)
DOURY Marianne, Chargée de recherche, Laboratoire Communication et politique.
DUTEIL-MOUGEL Carine, Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la
Communication, ENSIL-Université de Limoges, CeReS (EA 3648)
GONON François, Directeur de recherche, Institute of Neurodegenerative Diseases,
CNRS, UMR 5227
KRIEG-PLANQUE Alice, Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la
Communication, Université Paris-Est Créteil (UPEC), Céditec.
LAÜGT Olivier, Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la
Communication, Université Bordeaux, SPH (EA4574)
LEDEGEN Gudrun, Maître de conférences en Sciences du Langage, Université de Rennes
2, Préfics
LONDEI Danielle, Professore Ordinario di Lingua francese auprès de la Scuola Superiore
di Lingue Moderne per Interpreti e Traduttori (Forli)- Università di Bologna
MOIRAND Sophie, Professeur des universités en Sciences du Langage, Université
Sorbonne nouvelle et Paris 3, CEDISCOR-SYLED
RASTIER François, Directeur de recherche CNRS, ERTIM
REBOUL-TOURE Sandrine, Maître de conférences en Sciences du Langage, Université
Sorbonne nouvelle et Paris 3, CEDISCOR-SYLED
SANTONE Laura, Université Roma Tre, Faculté de Lettres et Philosophie – Département
de Langues et cultures étrangères, Rome
VENTURINI Tommaso, Maître de conférences à Sciences Po Paris
VERGELY Pascale Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la
Communication, Université Bordeaux, SPH (EA4574)

L’ouvrage « (Auto)Critique de la science », coordonné par Alain Jaubert et Jean-Marc Levy-Leblond a été numérisé par nos soins, avec l’autorisation de l’éditeur et de Jean-Marc Levy-Leblond. Il prend place en 1973 dans la collection « Science ouverte » chez Seuil. Vous pouvez le télécharger ci-dessous (cela prendra un peu de temps, car l’ouvrage est volumineux : 384 pages), et lire plus bas la présentation rédigée par Mathieu Quet :

Avant l’arrivée de Jean-Marc Lévy Leblond en 1973, la collection « Science Ouverte » est dirigée par le biologiste Max de Ceccatty, avec l’assistance du philosophe François Dagognet et du mathématicien André Warusfel. La collection a été fondée par de Ceccatty en 1966 avec l’ambition de diffuser une vulgarisation de qualité. Les titres hébergés sont alors déjà  rassemblés avec éclectisme (psychologie, physique, chimie, éthologie, etc.), mais selon une orientation encore sage. A l’exception des ouvrages du pionnier de l’écologie et futur « éco-socialiste » Barry Commoner (Quelle terre laisserons-nous à nos enfants ?, L’encerclement), peu de place est laissé aux problématiques politiques soulevées par le développement scientifique et technique.

Signe des temps, l’arrivée de Lévy-Leblond comme directeur de collection bouscule cette conception encore traditionnelle de la vulgarisation, et laisse la porte ouverte à des interrogations qui étaient jusque-là tenues à distance du champ scientifique : contestation et dénonciation des dégâts de l’industrialisation, des risques soulevés par les politiques d’innovation scientifique, des réseaux militaro-scientifiques, de la participation des sciences à la production d’un régime inégalitaire, etc. En un mot, la collection de vulgarisation devient une véritable tribune politique autour des enjeux contemporains des sciences.

Il faut rappeler qu’à l’époque, le jeune directeur de publication est très lié au mouvement de critique des sciences, dont il connaît bien les différents groupes et acteurs. Cet engagement le conduit à faire souffler un vent de révolte sur le milieu jusqu’alors si policé de la vulgarisation scientifique. Au long des années 1970, les ouvrages se succèdent qui confirment à chaque fois « Science Ouverte » comme principal relais d’expression d’une conscience critique sur les sciences contemporaines en France. Pour ne citer que quelques exemples, on peut évoquer la publication par Georges Menahem, en 1976, de La science et le militaire, dénonciation du complexe militaro-industriel. En 1977, la collection entérine le virage théorique pris par la critique des sciences, en publiant L’idéologie de/dans la science, collectif comprenant des textes des fondateurs de la critique des sciences en Angleterre Hilary et Steven Rose. En 1980, un groupe de biologistes inquiets publie l’une des premières critiques des évolutions de la biologie, sous le nom de la soeur imaginaire du généticien Gregor Mendel : Agata Mendel, Les manipulations génétiques.

Et puis, surtout, il y a cette profession de foi initiale, ce premier ouvrage publié par la collection sous la direction de Lévy-Leblond : Autocritique de la science, patchwork de textes de toutes provenances, tentative de synthèse d’un mouvement en pleine évolution depuis la fin des années 1960, la critique des sciences. L’ouvrage, co-dirigé par le journaliste Alain Jaubert, est de plain-pied dans le militantisme scientifique. Cette somme critique est aussi bien un retour sur quelques années de contestation, qu’un regard enthousiaste vers l’avenir de la critique. On y trouve des épisodes amusants, comme l’exclusion du physicien Murray Gell-Mann du Collège de France par des militants furieux de sa collaboration à la guerre du Vietnam. On y trouve aussi des théories sur la science. On y trouve même l’autocritique d’un « mandarin » chinois, qui vient rappeler les influences maoistes des militants de l’époque.

Bref, Autocritique de la science est un régal, autant pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de la réflexion critique sur les sciences, que pour ceux qui sont à la recherche d’un regard différent sur le monde technoscientifique. Et pour cette raison, l’ouvrage constitue une inauguration formidable à l’arrivée de Jean-Marc Lévy-Leblond au sein du Seuil. Depuis, la collection a évolué, ses participants ont changé, mais la collection est demeurée un lieu essentiel pour la mise en question critique des logiques scientifiques et techniques dans l’espace public. Et pourvu que ça dure !

Remerciements :

Jean-Marc Levy-Leblond (pour son accord pour la numérisation, et pour avoir bien voulu contacter Seuil pour la gestion des droits d’auteurs), Amaury Delarge (pour le travail de numérisation), Igor Babou (traitement graphique des pages et mise en ligne). La numérisation a été réalisée à l’ENS de Lyon et s’inscrit dans les travaux de l’équipe « Communication, Culture et Société » (Centre Norbert Elias) pilotée à l’époque de la numérisation par Joëlle Le Marec.

Pour cette journée d’études qui vient clore le cycle de conférences « Université », l’Espace Culture accueille les sociologues Alain Caillé et François Vatin, le juriste Olivier Beaud. Tous trois sont auteurs, avec Pierre Encrenaz et Marcel Gauchet, de l’ouvrage « Refonder l’Université, Pourquoi l’enseignement supérieur reste à reconstruire… ».

Ce livre, fruit des réflexions du groupe des « refondateurs », propose des mesures concrètes qui peuvent permettre de redresser la barre alors que « l’Université française n’est plus seulement en crise. Elle est, pour nombre de ses composantes, à peu près à l’agonie… ».

L’appel à refonder l’université lancé en mai 2009 dans un contexte de lutte contre la loi « Libertés et Responsabilités des Universités », manifeste qui a recueilli plus de 5 000 signatures, vise un enjeu de taille : remettre l’université au service de la société.

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Contacts presse :

Delphine Poirette 03 20 33 61 14

Edith Delbarge 03 20 33 72 91

Espace Culture – Université Lille 1

Destinée aux acteurs de la culture scientifique et au grand public, cette journée se déroulera jeudi 24 novembre 2011 à l’Espace Culture de l’Université Lille 1, 59 655 Villeneuve d’Ascq.

Toutes les informations sont disponibles sur le site http://culture.univ-lille1.fr

Programme
Accès, hébergement et restauration

Au sein du courant de critique des sciences du début des années 1970, la revue Survivre, et le groupe du même nom, occupent une place singulière. Initiatrice de nombreux thèmes de l’écologie militante en France, source d’inspiration pour des pionniers de l’écologie politique comme Pierre Fournier (lui-même fondateur de La Gueule Ouverte), et ayant bénéficié d’une diffusion plus large que Labo Contestation ou Impascience, la revue est aussi remarquable par le cheminement qu’elle a suivi entre 1970 et 1975. Après des débuts marqués par une réflexion sur la responsabilité des savants face aux dangers de l’industrialisation et aux menaces militaires, le groupe évolue peu à peu et se radicalise, jusqu’à l’arrêt de la parution de la revue en 1975. Au cours de ces quelques années, Survivre formule une critique externe des sciences, moins tournée vers la vie de laboratoire (contrairement à Labo Contestation et Impascience) et plus attentive aux conséquences sociales de ces pratiques. Mais de toute évidence, Survivre n’a eu de cesse de remettre en question les fondements de la pratique scientifique, et d’essayer d’imaginer des alternatives au développement technoscientifique contemporain. Lire la suite

Les années 1970 ont été prolifiques pour la réflexion critique sur la pratique scientifique et les relations sciences/société. Naissance du mouvement antinucléaire, émergence de l’écologie politique, premiers mouvements contre les biotechnologies, (auto)critique des sciences : dans la foulée de mai 68, les sciences et les techniques ont fait l’objet de virulentes mises en question. Et le champ scientifique s’est retrouvé sur le banc des accusés, avec l’ensemble des institutions sociales – famille, école, police, armée, justice, médecine… Lire la suite

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Site web, accès et inscriptions

9 h 00 – 9h 30 : Accueil (Président de Lyon 1, Maire de Villeurbanne,  sous réserve)

9 h 30 – 11 h 00 : Science et Société à Lyon et en France

  • 9 h 30 – 10 h 00 – Pierre Clément : 1971-1986 : « Science et Société » à Lyon 1.
  • 10 h 00 – 10 h 30 – Jean-Marc Lévy-Leblond Autocritique de l’autocritique de la Science
  • 10 h 30 – 11 h 00 – Joëlle Le Marec – Le renouveau des recherches et actions dans le domaine STS. Lire la suite

Le besoin d’interroger des relations qui se nouent entre les sciences, les techniques, et la société ne correspond pas seulement à des préoccupations des sciences humaines et sociales qui y verraient l’occasion de se frotter à de nouveaux problèmes théoriques, ou à de nouveaux objets empiriques. La critique des finalités ou des applications de la recherche ne correspond pas non plus uniquement aux inquiétudes de la société, ou du public. Dans la foulée de mai 1968, une critique radicale des finalités de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur a en effet émergé, directement dans les laboratoires. Cette (auto)critique politique des sciences par ceux qui la faisaient s’exprimait dans des revues non académiques. Labo Contestation, revue trimestrielle lyonnaise éditée entre 1970 et 1973, est un excellent exemple de cette production éditoriale, qui s’appuyait également sur une importante activité de rédaction et de mise en circulation de tracts, ou de brochures ronéotypées1. Lire la suite

  1. On retrouve une partie de cette production éditoriale dans le livre d’Alain Jaubert et Jean Marc Lévy-Leblond, « (Auto)critique de la science«  []

Fondé en 1973, le GERSULP est associé depuis 2004/2005 aux deux équipes LESVS (Laboratoire d’Epistémologie des Sciences de la Vie et de la Santé) et EPM (Éthique et Pratiques Médicales) dans le cadre de l’Equipe d’Accueil IRIST (Institut de Recherches Interdisciplinaires sur les Sciences et la Technologie). Depuis 1996, Bernard Ancori assure la direction du GERSULP et depuis 2001 celle de l’IRIST. Lire la suite

«Sciences métisses» est un festival national du livre de vulgarisation scientifique et technique qui se tiendra dans trois localités françaises, trois fins de semaine consécutives d’avril 2011: Lille (1, 2 et 3), Forcalquier (8, 9 et 10) et Brest (15, 16 et 17). C’est une manifestation décentralisée d’envergure nationale qui se décline dans chaque localité en fonction des ressources et des acteurs locaux.

Le thème commun 2011 est « la biodiversité ». Lire la suite

Les Musées de la Ville d’Orléans organisent les 16 mai, 14 et 21 Juin prochains un séminaire intitulé « Séminaire-Passerelle : transmettre et débattre ».

Programme du séminaire (pdf) Lire la suite

This meeting is the product of a year of conversations across several continents and dozens of institutions. It weaves together the hopes, aspirations, and—yes—frustrations of STS scholars from around the world who have committed their careers to studying the central role of science and technology in our social, political, and moral lives.

The meeting is in part a stock-taking. After two decades of increased public funding for STS, what can we say about our achievements as a “thought collective”? What have we learned from speaking the truths of our field to the power of established disciplines? Which areas of work do we recognize as displaying the greatest theoretical depth and creativity? What do we impart to STS scholars-in-the-making, and what can we do to ensure that their ideas are heard more widely and that they find appropriate academic homes? The three-day program addresses these questions: first, STS and the disciplines; second, STS and its theories; third, STS’s institutional challenges and opportunities.

In part, too, the meeting is a provocation: an invitation to reflect on the conditions needed for this field to thrive and grow—in keeping with the importance of its mission. As with any provocation, the questions we hope to explore may have conflicting answers. Ideas will be generated throughout the meeting from both our physical and virtual audiences. This website, managed by a local team of scholars, is part of an effort to make the meeting as inclusive and participatory as possible, both during the event and after it.

Overall, this is a meeting to rethink questions that all STS scholars have grappled with at some point in their intellectual lives. Why do STS? What makes it interesting, distinctive, coherent, relevant, and deserving of stronger institutionalization?

This meeting—diverse enough to be representative, yet small enough to foster conversation—offers a rare opportunity to think together about these issues, in the company of others who share our concerns and our convictions.

Accéder au site du colloque

Un contrat doctoral sera alloué par l’Université Paris Sud pour la rentrée 2011-2012 dans le cadre de l’école doctorale ED 400 (Savoirs scientifiques. Epistémologie, histoire des sciences et didactiques des disciplines) dont le GHDSO est une équipe d’accueil. Vous trouverez sur le site du GHDSO deux propositions de sujet de thèse qui seront soumises à concours pour ce contrat doctoral.
http://www.ghdso.u-psud.fr/

Les deux prochaines séances du séminaire « Cinéma et sciences » auront lieu, consécutivement, le mercredi 2 mars et le mercredi 9 mars, de 17h à 20h, à l’Institut National d’Histoire de l’Art, Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris (métro Bourse ou Palais-Royal) dans la salle Nicolas-Fabri de Peiresc (rez-de-chaussée). Nous aurons le plaisir d’entendre les communications suivantes :

Le 2 mars :

  • Jean-Gaël BARBARA (CNRS), Thierry LEFEBVRE (Paris-Diderot) : « Les micromanipulations de Comandon et de Fonbrune »
  • Thierry LEFEBVRE (Paris-Diderot) : « Jean Comandon et l’art de la conférence illustrée »

Le 9 mars :

  • Jean-François BAILLON (Bordeaux 3) : « La pharmacie des écrans britanniques, 1950-1960″
  • Eric DUFOUR (université de Grenoble) : « La science dans le cinéma de S-F »
DU JEUDI 9 JUIN (19 H) AU JEUDI 16 JUIN (14 H) 2011

Pour suivre l’évolution de la programmation de ce colloque, ou pour s’y inscrire, aller sur la page d’accueil du site du colloque : http://www.ccic-cerisy.asso.fr/ethnotechnologie11.html


ETHNOTECHNOLOGIE PROSPECTIVE (2) : APPRENDRE


DIRECTION : Elie FAROULT, Thierry GAUDIN, Jacques PERRIAULT


ARGUMENT :

Le terme « ethnotechnologie » désigne, à l’origine, l’étude des interactions entre techniques, technologies et société. Elle partage certains intérêts avec le domaine « sciences, techniques, société » et avec la médiologie, qui étudie les effets symboliques des techniques. La notion d’empreinte de la technique, introduire dès 1984, suggère que la pratique des techniques provoque des apprentissages induits. Lire la suite

La rubrique « Points de vue » du Portail Science et société est maintenant devenue un carnet de recherche sur hypotheses.org. Cela nous donnera une meilleure visibilité, et permettra peut-être des croisements intéressants avec les blogueurs qui publient sur hypotheses.org

Vous pouvez y accéder à partir de l’onglet « Points de vue » du portail, ou directement à cette adresse : http://science-societe.hypotheses.org

Les billets et commentaires publiés sur ce carnet de recherche étant syndiqués sur le portail Science et société, ils apparaîtront en page d’accueil du portail (dans la rubrique « points de vue et commentaires »), et symétriquement, ceux publiés sur le portail seront signalés sur le carnet de recherche (en barre latérale, à droite). Ce système de double syndication étant encore en rodage, il se peut qu’il y ait quelques modifications de mise en page durant les prochaines semaines.

Merci à Pierre Mounier et à Marin Dacos pour leur aide !

Ce livre étant épuisé aux PUF, j’ai décidé, après avoir demandé l’autorisation à l’éditeur, de le mettre en ligne gratuitement. Vous pouvez le télécharger en allant à cette adresse :

http://science-societe.fr/babou-igor-le-cerveau-vu-par-la-television-paris-puf-2004/

Le 9 février 2011, à l’occasion de la sortie des trois premiers ouvrages de la collection « Enjeux et représentations des sciences, des technologies et de leurs usages » aux Éditions des Archives Contemporaines, une journée d’étude a permis de discuter des pratiques éditoriales dans les études de sciences.

Les diverses interventions de la journée et les questions qu’elles ont suscitées m’incitent à revenir sur les enjeux épistémologiques de la problématique éditoriale pour les études de science et à prendre position dans la réflexion que l’équipe mène sur les pratiques de communication scientifique.

Je souhaite ici reprendre trois points qui me paraissent essentiels dans le débat sur la réflexivité institutionnelle auquel cette journée avait pour objectif de contribuer : Lire la suite

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